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Manager et santé mentale : comment soutenir son équipe sans devenir psychologue ?

 

La santé mentale au travail est devenue un enjeu majeur pour les entreprises et les managers. Stress, anxiété, charge mentale, épuisement professionnel… face à un collaborateur qui semble plus fatigué, moins engagé ou dont le comportement change, comment réagir sans dépasser son rôle ?

L’enjeu est loin d’être marginal : en 2026, 43 % des actifs ayant connu un arrêt de travail au cours des 12 derniers mois déclaraient que celui-ci était lié, au moins en partie, à un motif psychologique, selon un baromètre Ipsos BVA.

À l’approche de la Journée mondiale de la santé mentale, le 10 octobre, rappelons que le manager n’a pas à poser de diagnostic. En revanche, sa proximité avec l’équipe lui permet de repérer certains signaux d’alerte, d’ouvrir le dialogue et d’agir sur les conditions de travail relevant de son périmètre.

Quels signes doivent alerter ? Que dire à un collaborateur en difficulté ? Et quand passer le relais ? Voici les bons réflexes pour contribuer à la prévention des risques psychosociaux (RPS) et soutenir le bien-être psychologique au travail, tout en restant à sa juste place de manager.

 

      1. Santé mentale au travail : quel est le rôle du manager ?

La santé mentale ne s’arrête pas à la porte de l’entreprise.

Elle désigne un état de bien-être psychologique qui permet notamment de faire face aux difficultés du quotidien, de travailler et d’interagir avec les autres. Au travail, elle peut être influencée par de nombreux facteurs : charge de travail, organisation, relations professionnelles, autonomie ou encore reconnaissance.

Le manager a donc un rôle à jouer.

Parce que vous êtes au contact quotidien de votre équipe, vous pouvez contribuer à la prévention en créant un environnement favorable au dialogue, en restant attentif aux conditions de travail et en étant disponible lorsqu’un collaborateur rencontre une difficulté.

Mais votre rôle a des limites.

Vous n’avez pas à diagnostiquer un trouble, à interpréter l’état psychologique d’un collaborateur ou à trouver seul une solution à une situation qui nécessite l’intervention d’un professionnel. Votre responsabilité consiste avant tout à observer, écouter, agir sur ce qui relève du travail et orienter lorsque cela devient nécessaire.

L’objectif n’est donc pas de devenir psychologue, mais de savoir adopter la bonne posture au bon moment.

 

     2. Quels signaux doivent attirer l’attention du manager ?

Certains changements doivent attirer votre attention.

Une fatigue persistante, un stress inhabituel ou des difficultés à se concentrer peuvent être les premiers signes visibles d’un mal-être. Vous pouvez également constater davantage d’oublis, d’erreurs ou de difficultés à gérer des tâches habituellement maîtrisées.

Le comportement peut aussi évoluer.

Un collaborateur habituellement impliqué peut progressivement s’isoler, moins participer aux échanges ou sembler plus irritable. Une baisse d’engagement, une perte de motivation ou un changement dans les relations avec l’équipe peuvent également constituer des signaux d’alerte.

Un signe isolé ne suffit pas pour tirer des conclusions.

L’important est surtout d’être attentif à un changement inhabituel, qui se répète ou s’installe dans le temps. Ces évolutions peuvent être l’occasion de proposer un échange au collaborateur, sans présumer de ce qu’il traverse.

⇨ Parfois, les premiers signes sont discrets.

Dans une entreprise que nous accompagnons, un manager avait remarqué qu’une collaboratrice habituellement très impliquée participait moins aux échanges, semblait plus fatiguée et rencontrait davantage de difficultés à tenir ses délais. Pris séparément, ces changements pouvaient sembler anodins.

Plutôt que de tirer des conclusions, le manager lui a proposé un temps d’échange. La discussion a permis de faire émerger une charge de travail devenue difficile à gérer et de réfléchir à certains ajustements dans l’organisation de ses priorités.

Son observation a ainsi permis d’ouvrir le dialogue et d’agir concrètement sur la situation de travail.

 

     3. Comment ouvrir le dialogue sans devenir psychologue ?

Tout commence par une conversation.

Si vous remarquez un changement chez un collaborateur, choisissez un moment calme et confidentiel pour échanger. Partez de faits observables, sans interpréter ce qu’il vit.

À dire : « J’ai remarqué que tu semblais plus fatigué ces derniers temps. Comment ça va en ce moment ? »

À éviter : « Tu as l’air de ne pas aller bien » ou « Tu fais un burn-out ? »

Posez des questions, puis écoutez.

Privilégiez des questions ouvertes : « Comment te sens-tu en ce moment dans ton travail ? » ou « Est-ce qu’il y a quelque chose que nous pourrions ajuster ? » L’objectif est de laisser de la place à la parole, sans minimiser ni chercher immédiatement une solution.

À dire : « Qu’est-ce qui pourrait t’aider dans ton travail actuellement ? »

À éviter : « Ne t’inquiète pas, ça va passer » ou « Tu devrais faire… »

Cherchez ensemble ce qui peut être ajusté.

Une fois le dialogue ouvert, concentrez-vous sur ce qui relève du cadre professionnel : priorités, charge de travail, organisation, délais ou besoin de soutien. L’objectif est d’identifier, avec le collaborateur, les ajustements qui peuvent réellement l’aider au quotidien.

 

    4. Quand et vers qui orienter un collaborateur ?

Certaines situations nécessitent de passer le relais.

Lorsque les difficultés persistent, s’intensifient ou dépassent ce qui peut être traité dans le cadre du travail, le manager peut s’appuyer sur d’autres interlocuteurs.

Orientez vers les bons interlocuteurs.

Selon la situation et l’organisation de votre entreprise, vous pouvez vous appuyer sur les RH, les acteurs de la prévention ou les services de prévention et de santé au travail. Ils pourront accompagner le collaborateur et l’orienter, si nécessaire, vers un professionnel adapté.

L’accompagnement peut ensuite se poursuivre côté manager.

Continuez à prendre des nouvelles, à maintenir le dialogue et à rester attentif aux conditions de travail. L’objectif est de proposer un accompagnement dans la durée, tout en respectant la confidentialité et la place de chacun.

 

Pour aller plus loin

Le manager n’a pas à devenir psychologue pour agir. Observer, écouter, ouvrir le dialogue et savoir quand passer le relais sont autant de réflexes qui peuvent s’acquérir.

Pour aider les managers à adopter la bonne posture, SLTI propose une formation dédiée à la prévention des risques psychosociaux, afin de mieux comprendre les RPS, repérer les facteurs de risque et savoir comment agir face aux signaux d’alerte.

 

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